Vous annoncer qu’il est désormais votre supérieur hiérarchique.
Il a joué un prince pendant 45 minutes. Il ne compte manifestement pas abandonner son prestigieux statut simplement parce que vous lui demandez de ranger sa chambre ou d’aller prendre sa douche. Toutes nos excuses s’il vous lance, “I’m sorry, who are you again?” Ou si, après l’avoir appelé à peu près quinze fois, il décide de vous regarder droit dans les yeux et de vous annoncer, avec toute la dignité de son rang, “I’m not Lucas. You shall call me Prince Fitzpudding.” (Très bien, Prince Fitzpudding, va te laver les mains, on passe à table.)
Prendre l’accent britannique lorsqu’il vous pose une question plus ou moins piège.
J’avoue, un “Can I have some juice, please?” à 6h32, comme ça, au saut du lit, ça peut piquer. Mais pas de panique. Faites-vous couler un café, respirez, et concentrez-vous sur l’essentiel : il a dit please. Je vous rassure également, si à la fin d’un repas il demande “Can I be excused?” ne commencez pas immédiatement à vous demander s’il a cassé la fenêtre de sa chambre ou le vase de Grand-mère. Il veut simplement savoir s’il peut sortir de table.
En cas de doute, répondez, “Yes, kiddo.” (Sauf s’il tente un “Mum, might I perhaps have some biscuits before dinner?” Là, c’est un big fat Nope, mon chéri, mais on lui accordera quand même un 10 pour l’effort.)
Inventer une excuse tellement élaborée qu’elle vous fait douter.
Parce qu’après avoir improvisé 200 situations impossibles, fabriquer une histoire crédible pour expliquer par A (des circonstances atténuantes et certainement des témoins) + B (peut-être un méchant) pourquoi il n’a pas pu sortir la poubelle comme vous le lui avez demandé devient un jeu d’enfant. Après, nous autres parents n’avons pas vraiment montré l’exemple avec le Père Noël, la petite souris et que sais-je…
Surjouer le drame sans aucune raison apparente.
Vous lui demandez de mettre ses chaussures ou avez dit non aux écrans, et il s’effondre sur le canapé et murmure dans un dernier souffle, “Tell my mother… I loved her…” Ça pourrait être pire. Les disputes entre frangins peuvent tout aussi bien sonner comme des tragi-comédies shakespeariennes où fusent les “Thou hast stolen my charger!” et autres “I have done no such thing!” Vous n’y comprenez rien, mais kudos pour l’accent.
Lâcher “Well, that’s unfortunate.”
S’il commente d’un très calme “Well, that’s unfortunate” le fait que le gâteau d’anniversaire qu’il vient de passer deux heures à décorer tombe face contre terre cinq minutes avant l’arrivée des invités, ou s’il est tout à coup capable de lâcher une blague hilarante sans esquisser le moindre sourire, félicitations à lui ; il maîtrise désormais l’art du sous-entendu et de l’humour oh so British.
Si les symptômes persistent, un médecin ne sera malheureusement d’aucun recours.